Société
Interview
Le poète Alain Tailly En Spectacle
Publié le 11 Mai 2026
16eme édition du Salon international du livre d’Abidjan (SILA 2026)
Alain Tailly est un artiste pluriel: écrivain, poète, conteur, dramaturge, comédien, metteur en scène et acteur de cinéma. Il est reconnu en Côte d’Ivoire et à l’international pour ses multiples talents artistiques. Il était au SILA 2026. Ses fans aussi…
La 16e édition du Salon international du livre d’Abidjan (SILA 2026) qui s’est tenue du 28 avril au 2 mai au Parc des Expositions d’Abidjan-Port-Bouët. sur le thème « Lire pour bâtir », a réuni plus de 100 000 visiteurs. En marge de ce rendez-vous littéraire international à vocation professionnelle, institutionnelle et grand public (populaire) qui vise entre autres à Promouvoir l’industrie nationale de l’édition, du livre et de la lecture en Côte d’Ivoire et dans l’espace africain francophone a vu la participation de plusieurs exposants dont Dr ALAIN Tailly .
TEMOINS SANS FRONTIERES l’a rencontré à l’espace N’ZASSA. C’est un centre culturel communautaire qui est situé à la riviera Bonoumin. C’est un espace polyvalent, où on y trouve une grande salle qui joue plusieurs rôles : salle d’exposition, de projection, de formation et de co-working. On peut y voir aussi un petit espace de lecture meublé de livres et puis le bureau bar, très chaleureux et sympathique qui a servi de cadre à notre entretien.
TSF : Dr TAILLY, je vous remercie pour la spontanéité avec laquelle vous avez accepté ma sollicitation pour cet entretien. Nous allons repartir sur le SILA. Que représente le SILA pour vous ?
Dr TAILLY : Le SILA est un rendez-vous important pour moi en tant qu’écrivain parce que c’est une grande vitrine qui permet la visibilité des auteurs. C’est aussi un carrefour de rencontres entre auteurs, éditeurs, libraires, tous les partenaires de la chaine du livre et donc c’est important d’être au SILA, de se donner de la visibilité et pour cette 3eme participation nous y sommes allés avec 3 ouvrages dont : l’évangile selon judas, la comédie du développement et la vie inventée de Clarence Obodjou
TSF : Trois (3) livres. Parlez-nous de la chronologie des dates de parution s’il vous plait ?
Dr TAILLY : Selon Judas est paru en 2025, voilà c’était en Avril, donc il y’a 1an. Il a connu un succès relatif et les 2 derniers sont sortis à la faveur du SILA donc ils sont sortis au mois d’avril aussi mais 2026.
TSF : pardonnez mon insistance, mais lequel de ces livres est le dernier né ?
Dr TAILLY : ils sont nés ensemble, se sont des jumeaux
TSF : La vie inventée de Clarence Obodjou, de quoi parle ce livre
Dr TAILLY : ce livre parle de résilience face aux épreuves de la vie, comment l’esprit humain trouve des refuges, j’allais même dire des subterfuges pour résister aux difficultés de la vie. C’est ce qui se cache derrière ce titre. Ce qui raconte l’histoire dramatique du jeune YOBOUET Bonaventure.
TSF : Vous voulez bien nous en dire un peu plus sur YOBOUET Bonaventure ?
Dr TAILLY : Ah mais si je dis cela les gens vont plus découvrir la saveur
TSF : Juste un petit peu…
Dr TAILLY : Yobouet Bonaventure comme son nom l’indique, Yobouet c’est caillou. Il se retrouve malencontreusement dans une carrière de pierres à Diabo à 5km de Bouake et il se retrouve là-bas comme concasseur de pierres. Vous voyez toute la symbolique, yobouet qui est caillou qui travaille sur la pierre et qui a une vie très difficile.
TSF : Et donc le 2nd livre, la comédie du développement. De ensuite le moins jeune, L’évangile selon Judas ?quoi parle ce livre ?
Dr TAILLY : Il faut dire que j’ai écrit un premier livre qui est sorti il y’a 20 ans et à la demande du public, j’ai écrit d’autres séries de chroniques. La comédie du développement c’est de A à Z.Le 1er livre était de A comme Afrique à Z comme zéro et là c’est de A comme armée à Z comme zicre. C’est des chroniques
TSF :ensuite le moins jeune, L’évangile selon Judas ?
Dr TAILLY : mais qui reste d’une brulante actualité. C’est l’histoire du prophète Face à Face qui dans l’œuvre dit être le disciple de Judas, qu’il l’aurait rencontré dans un cimetière et donc il se fait le messager pour établir la vérité parce qu’ il dit que Judas a été accusé à tort, judas a été le bouc émissaire de l’humanité mais de son point de vue Judas est un homme d’accomplissement et même un héros et tout ceci se passe dans godo ville.
TSF : Avez-vous été satisfait de l’accueil qui vous a été fait au SILA ?
Dr TAILLY : Disons que la première chose qui m’a frappé au SILA c’est d’abord la chaleur exceptionnelle avec laquelle les enfants et les jeunes se sont empressés à venir me saluer là où j’étais. Ils ont demandé des autographes, on a vite compris que ce n’était pas l’écrivain, mais plutôt l’acteur de cinéma, l’homme de Charles Onel qu’il avait reconnu et pour lequel ils venaient solliciter des autographes. Ça été bénéfique parce que ça nous a mis en lumière, ça créé la publicité, comme eux même le disent ça crée le buzz, les gens cherchaient à comprendre pourquoi il y avait autant de monde dans mon stand, parfois même quand je marchais dans les allées ils m’arrêtaient, j’ai signé pour la première fois de ma vie des autographes sur les tee-shirts. C’est pour vous dire à quel niveau on était. Je me prenais même pour Ronaldo ou Messi parce que c’est avec eux que ça arrive souvent. Bon il y’a eu ça et il y’a eu des visites plus formelle de lecteurs qui sont venus au stand, des Ministres, des DG, des préfets, des enseignants qui sont venus, des confrères écrivain aussi et des journalistes comme vous pour certains qui ont acheté des livres. Voilà c’était bien, en tout cas on a fait une belle opération, les gens ont acheté les livres, j’ai pu aussi vendre, j’ai pu communiquer avec le public, j’ai pu expliquer le fond des œuvres, ma démarche artistique.
TSF : Et puis il y’a eu les panels. Au SILA il y’a eu 2 panels importants ?
Un premier panel ou je n’étais non pas paneliste mais comme on va dire ou j’étais critique avec Maurice BANDAMA, avec Fréderic GRAMEL avec Fidèle GOLISIA et puis avec Nabil ADJAMI. Voilà sur ce panel j’étais critique sur ce panel qui a bien fonctionné parce que c’était un grand moment de contradictions entre les écrivains et les critiques et puis il y’a eu un 2em panel où cette fois, j’ai endossé la casquette d’écrivain. A ce niveau là aussi j’ai eu à présenter L’EVANGILE SELON JUDAS, aux côtés de Fodjo AGBO, c’était quelque chose de très plaisant aussi.
TSF : Pouvez-vous revenir sur le panel que vous avez présenté ?
Dr TAILLY : Le panel sur 3COMMENT L’ECRIVAIN PARTICIPE-T-IL A LA COLLECTIVITE ». Il y’avait l’écrivain Fodjo AGBO qui lui présentait son œuvre sur « les alliances inter ethnique » et moi sur l’évangile selon judas. Nous avons discuté avec 2 critiques d’art et nous avons présenté nos œuvres toujours sur le ton de la contradiction. On a parlé de l’utilité de la contradiction dans la société, on a parlé de l’importance d’avoir aussi recours à nos traditions pour construire notre société. Sur ce point de vue là, ça été un panel très riche. Les gens disent souvent que les ivoiriens n’aiment pas lire, j’ai vu une vraie déferlante humaine au SILA, les gens sont venus en grand nombre, ils ont montré leur intérêt même ceux qui n’avaient pas d’argent ont pris des brochures parce qu’ils avaient besoin quand même de partir de ce SILA avec quelque chose. J’estime que de ce point de vue c’était un grand moment.
On a vu pour le 2eme panel, une grosse coupure d’électricité mais les gens ne sont pas partis, ils sont restés, ils ont allumé les lampes de leur téléphone portable donc on s’est éclairé à la lampe comme au bon vieux temps des « clair de lune villageois » et ils ont exigé que le panel continue malgré la panne d’électricité. On n’avait pas de micro, nous on s’est rapprochés du public et puis dans cette osmose là on a continué nos échanges.
TSF: selon vous, Il y’a une comparaison avec les éditions passées, une particularité pour cette édition ?
Dr TAILLY : Je pense que le SILA s’améliore, il se bonifie. La particularité, déjà on avait les panels sur les deux premières éditions auxquelles j’ai participé mais cette édition-ci et peut-être celle de l’année dernière il y’a eu le SILA LEGENDE qui est une soirée de gala où les écrivains et tous les partenaires de la chaine du livre sont à l’honneur, ils reçoivent des prix. Oui, ça met un peu de glamour dans ce monde très dépouillé des écrivains.
TSF : Docteur TAILLLY je vous remercie pour ce moment… je suis très honorée. J’espère que j’aurai l’occasion de vous rencontrer pour parler de culture…
Dr TAILLY : on profite peut-être pour vous inviter déjà parce que le 06 juin c’est le poète qui va jouer cette fois le spectacle ABRA PADA-BRA à la galerie Jacob Bleu aux 2 plateaux. On avait déjà présenté ce spectacle en grande première à L’Institut Goethe le 28 mars dernier et le 15 avril à l’occasion de la fabrique culturelle. On va jouer pour la 3em fois que le 06 juin prochain.
« Rendez-vous le 6 juin 2026 à la galerie Jacob Bleu au deux plateaux »
Theophany K.
Coll : Elsa Miezan
Interview
Le Chapelain De Sa Sainteté
Publié le 07 Mai 2026
En 2024, après la fête de ses 50 ans de sacerdoce, le père Guillaume Agnimel est informé par son Evêque, Monseigneur LEZOUTIE que sa Sainteté le Pape François, de vénéré mémoire, l’élève au titre de Chapelain de sa Sainteté pour le travail accompli au sein de l’Eglise.
TSF : Monseigneur Agnimel, que veut dire être Chapelain de sa Sainteté ?
Un Chapelain de sa sainteté c’est un prêtre qui a beaucoup travaillé dans l’église, que le Pape par ce qui lui a été rapporté reconnait le travail effectué par ce prêtre, le nomme avec le titre de Monseigneur. Titre qui est donné aux évêques. Désormais, ce prêtre est appelé Monseigneur et il est par cette nomination honorifique, appelé Chapelain de sa sainteté.
TSF : Est-ce qu’il y a des missions dévolues au Chapelain de sa sainteté ?
Les missions sont les mêmes que celles d’un prêtre ordinaire. Mais, par son élévation, le Chapelain de sa Sainteté porte les mêmes attributs par exemple la soutane comme un évêque. Il a aussi la ceinture violette comme un évêque. À cause de cela, désormais au lieu de l’appeler M. l’abbé ou mon père, on l’appelle Monseigneur à la manière des évêques qui sont appelés Monseigneur. Souvent, pour ceux qui s’y connaissent, on ils disent Révérend Monseigneur pour donner un peu de différence entre les évêques titulaires et le Chapelain qui est un titre honorifique donné à un prêtre pour le travail accompli au sein de l’Eglise.
TSF : Quel est le sentiment qui vous a animé lorsque vous avez appris votre nomination ?
Je ne m’y attendais pas du tout. J’ai été très surpris par cette nomination. On était à table, j’ai reçu un coup de fil de mon Evêque, Monseigneur Jean Solomon Lezoutié ; il me dit, mon père, le saint Père vous élève au rang de sa sainteté. Je tombais des nues car je ne m’y attendais pas du tout. J’ai été vraiment étonné. Je ne m’y attendais vraiment pas du tout. J’étais là un peu perplexe me disant mais qu’est-ce que moi, j’ai pu faire pour mériter cette nomination, cette élévation qui vient du saint Père. J’étais désarçonné parce que je m’y attendais pas du tout.
TSF : Vous étiez tout de même heureux de cette nomination ?
Je venais de fêter mes 50 ans de sacerdoce. J’étais dans la mouvance de cet anniversaire. On était heureux mais en même temps on se disait qu’il fallait vivre et montrer aux plus jeunes cette fidélité qu’on devrait avoir vis-à-vis de l’église et vis-à-vis de soi même pour être digne de ce sacerdoce, de ce service de l’église, de ce service avec humilité pour le peuple de Dieu qui nous ai confié. Donc, je devenais comme une lumière qui ne doit pas s’éteindre surtout pour les plus jeunes qui doivent suivre l’exemple. Donc c’est d’avoir une responsabilité qui m’engageait, c’était quelque chose qui était bien mais avec cette crainte mais avec la confiance dans le seigneur qui me dit si j’ai pu arriver ici, le seigneur pourvoira pour que j’aille jusqu’au bout.
"Je désire être le palmier planté dans le jardin du SEIGNEUR et qui donne encore du fruit, même dans la vieillesse"
Le credo sacerdotal du REVEREND MONSEIGNEUR AGNIMEL Guillaume
Le Père Agnimel l’a illustré lors de ses noces d’or de son sacerdoce en 2024, bien avant sa nomination au titre Chapelain de sa Sainteté. Devenu Chapelain, il réitère sa prière : je désire être le palmier planté dans le jardin du SEIGNEUR et qui donne encore du fruit, même dans la vieillesse.
« J’ai été interrogé parfois sur le sens que j’entends donner à mes 50 ans de sacerdoce. Une réponse unique a toujours envahi mon esprit : le palmier. C’est à cet arbre de nos contrées j’ai pensé invariablement quand l’occasion de mes 50 ans de sacerdoce s’est présentés.
Le palmier est un arbre qui grandit dans la foret, comme chez nous, mais qui pousse aussi dans la savane et dans le désert.
Le psaume 91 dit : Le juste est comme le palmier planté dans les parvis du SEIGNEUR. Vieillissant, il fructifie encore
Quand on regarde le palmier, on voit effectivement qu’il dure. Et nos parents nous disent que plus il dure, plus il donne de bonnes graines, dont on extrait une huile encore meilleure.
Le palmier est vraiment ce qui exprime le mieux le sens général que je voudrais donner.
Je pense qu’on est prêtre à Jamais selon l’ordre de Melchisédech. On est prêtre pour toujours et on doit le rester. Je suis prêtre pour le rester, en vivant mon ministère jusqu’au dernier souffle. Je désire être le palmier planté dans la maison du SEIGNEUR et qui, plein de sève, de verdeur et de fraîcheur, donne encore du fruit, même dans la vieillesse ».
Le parcours de l’Abbé Guillaume Agnimel
Prêtre de JESUS selon l’ordre de Melchisédech.
L’Abbé Guillaume Agnimel avait commencé sa scolarité, de CP1 à la classe de CE1 à l’école primaire publique d’Orbaff, son village natal.
De là, il part à l’école de la Mission de Dabou où il ne passera qu’une année scolaire, celle de la classe de CE2
A la rentrée d’octobre 1959, le jeune Guillaume Agnimel rejoint, en classe de CM1 , l’ecole des petits clercs de Bingerville, alors dirigée par l’Abbé Denis AYOU.
L’année suivante, en classe de CM2, il a un nouveau supérieur, le père Charles Mondah. Il se souvient être arrivé à ce niveau quelques semaines après les grandioses festivités de l’indépendance de la cote d’ivoire. Après la classe de CM2 qu’il commence en octobre 1960 et qu’il termine en juin 1961, il rejoint le petit séminaire saint Augustin de Bingerville à la rentrée d’octobre 1961. ils sont 35 élèves dans la classe de 6ème ou il est inscrit.
Cette année-là, ses aînés en classe de 5eme sont entre autres: Camille Massan,Eugène Aboké, Jean Kacou Diagou, Simeon Okrou.
En classe de 4è , on trouve Basile Djiringbin, Blaise Anoh, Jacques Pégatienan, et Jean Baptiste Tilo.
On trouve enfin en classe de 3è, en cette même année scolaire 1961-1962, Félix Tobin, Jean-Pierre Koutouan, Laurent Mandjo et Michel N’dri
Sur les 35 séminaristes de sa promotion en classe de 6è, Guillaume Agnimel sera le seul qui accédera au sacrement de l’ordre 13 ans après, le 30 juin 1974. Cela fait 50 ans qu’il est prêtre de JESUS selon l’ordre de Melchisédech.
Après sa Distinction Honorifique par le PAPE, Révérend Mgr Guillaume Agnimel :
« Je Rends Grâce à DIEU »
Révérend Monseigneur Guillaume Agnimel exprime sa reconnaissance après sa nomination. A ces frères prêtres, il livre un message très important « Ces insignes et le titre de Chapelain m’honorent certes parmi vous, mais je demeure toujours l’un de vous ».
Je rends Grâce à DIEU, à qui je dis :
SEIGNEUR, me voici je veux continuer de faire ta volonté même à cet âge avancé de la vie que tu me donnes par pure grâce. Oh SEIGNEUR, comment reconnaitre les bienfaits dont tu ne cesses de me combler ? Chaque jour je célébrerai tes bienfaits. Comment rendrais-je au SEIGNEUR tout le bien qu’il ne cesse de me faire ? Je lèverai toujours la coupe du salut en invoquant le nom de DIEU.
Tout vient de toi, oh SEIGNEUR, père très bon. L’humble serviteur que je suis t’offre les merveilles de ton amour et proclame avec infinie reconnaissance : à toi seul SEIGNEUR, honneur louange et gloire éternellement.
Je sais également gré à ceux qui ont été les mains de DIEU pour solliciter et m’obtenir ce titre honorifique.
Je pense en premier à mon Évêque, son Excellence Monseigneur Jean Salomon LEZOUTIE, véritable artisan de cette œuvre. Excellence, merci pour la confiance et pour la délicatesse pastorale. Je vous prie de transmettre à son Excellence Monseigneur Mauricio Rueda BELTZ, nonce Apostolique en Côte D’Ivoire, mon infinie gratitude que je désire porter pareillement au Saint-Père, le PAPE François.
J’offre ma gratitude, pour leur soutien et bénédictions, à leurs Eminences Messieurs les Cardinaux Jean-Pierre KUTWA et Ignace BESSI DOGBO, tout comme aux Evêques ivoiriens, en particulier à son Excellence Monseigneur Marcellin YAO KOUADIO, Évêque de Daloa et président de la Conférence des Evêques Catholiques de côte d’ivoire, de son Excellence Bruno ESSOH YEDOH, Evêque de Bondoukou et vice-président de ladite conférence, digne fils de ce village d’Orbaff. Je ne manquerai aucunement de mentionner mon bien –aimé, son Excellence Monseigneur Jean Sylvain EMIEN, nonce apostolique en Guinée et au Mali.
Je salue mes frères prêtres. Cette distinction honorifique est aussi un honneur pour tous les prêtres, en particulier ceux de Yopougon. Nous sommes ensemble prêtres pour la mission. Les insignes, soutane avec boutons violet et ceinture violette, ne sont que des signes distinctifs et non de dignité supérieure. Ces insignes et le titre qui va avec m’honorent certes parmi vous, mais je demeure toujours l’un de vous, et nous sommes confrères prêtres de JESUS-CHRIST.
A tous les Religieux et à toutes les Religieuses, je dis merci pour la présence et la prière toujours offerte pour accompagner l’Eglise et ses prêtres.
Theophany K.
Coll : Elsa Miezan
TEMOIGNAGE DE MONSEIGNEUR BRUNO yédoh essoh
L’instrument que DIEU a choisi pour faire naître notre vocation sacerdotale
Le 04 août 1974,dans la matinée, avait lieu dans le village d’Orbaff, la messe des prémisses de l’abbé Guillaume Agnimel. L’après-midi la procession à la fanfare qui l’accompagnait , parvient non loin d’une villa à la frontière entre notre quartier et un autre. Et là, j’entends une voix qui me dit:pourquoi tu ne peux pas faire comme lui?
Le lui, c’est l’abbé Guillaume.
Pendant quelques jours, obsédé voire troublé par cette question, je m’enferme dans une méditation solitaire. Ensuite, je m’ouvre à ma mère à qui je raconte la scène et à qui je confie mon désir d’aller faire comme l’abbé Guillaume. Elle porte cela à la connaissance de mon père.
Un ou deux jours après, les 2 me font asseoir et me disent textuellement ceci: si tel est ton désir et surtout si tel est ton choix, nous ne pouvons ni te l’interdire ni nous y opposer.
Pourquoi cacher que cette réponse avait crée en moi un grand soulagement?
Le temps passe,et un jour,à un concours de la catéchèse qu’elle nous dispensait, la sœur Murène Arinda de la congrégation des servantes de Marie nous demande s’il y’a des jeunes gens parmi nous qui aimeraient aller au séminaire pour devenir prêtres et des jeunes filles pour entrer dans la vie religieuse?
L’occasion rêvée vient de se présenter. Un ami Lath Yedess Grégoire et moi, nous inscrivons nos noms sur la liste que la sœur Murène transmet au père Jean Didelot, notre curé. Celui-ci y adjoint deux autres noms: feu l’abbé Mathurin Essoh Lohouess et feu Jean Luc Gnagne Atchory, paix à leurs âmes!
Il nous présente au test d’entrée au Petit Séminaire de Bingerville auquel par bonheur nous sommes reçus.
Quelles relations avais-je alors avec l’abbé Guillaume?
Je l’avais toujours considéré comme mon frère aîné et, jusqu’à ce jour, cela est resté inchangé. C’est d’ailleurs ainsi que le considèrent aussi tous les prêtres, les religieux et les religieuses du village d’Orbaff ou de tout le lebutu. Dans nos moments de joies ou de peines, il prend toujours les devants, s’implique dans l’organisation et reste à nos cotés. Lors de nos grandes cérémonies, sa maison et cour nous servent respectivement de sacristie et de lieu de réception. En un mot, nos relations sont des rapports fraternels entre un aîné et son cadet que je suis.
Si aujourd’hui, l’aîné est resté prêtre alors que le cadet est devenu évêque, cela n’a strictement rien changé dans ces mêmes relations d’aîné à cadet.
D’ailleurs le 28 juin 2019, lorsque la nouvelle de mon accession à l’épiscopat avait été rendue publique, c’était lui-meme l’abbé Guillaume, qui tout joyeux était venu me chercher dans son véhicule au centre Mgr Chappoulie ou le presbytérium de yopougon était réuni pour la proclamation des affectations. De là, il m’avait conduit à la paroissse Saint Pierre ou nous résidions ensemble.
Lorsque les gens venaient me saluer et me féliciter, il était à mes côtés pour les recevoir, en compagnie d’un autre prêtre, l’abbé Séraphin Amari, l’actuel curé de la paroisse st Jean Baptiste de yopougon Mamie Adjoua.
Nous, personnellement, devons à l’abbé Guillaume une grande et sincère reconnaissance. Il est en effet L’INSTRUMENT que DIEU a choisi pour faire naître notre vocation sacerdotale, à l’instar de l’apôtre Paul présenté par JESUS comme l’instrument qu’il avait choisi pour faire parvenir son nom auprès des nations. Cette vocation a produit le fruit que nous sommes à l’heure actuelle.
Que le nom de l’Esprit Saint soit béni!
Que DIEU, dans sa bienveillance, accorde à l’abbé Guillaume, par son fils JESUS, la santé de l’âme et du corps, afin qu’il jouisse d’une retraite paisible et heureuse!
(Source : livret 50 ans de sacerdoce)
TEMOIGNAGE de THEODORE BOUABRE
MGR COTY et l’Abbé Guillaume ont vraiment ramené les Bétés de Daloa au Christianisme.
J’ai rencontré l’abbé Guillaume Agnimel quand j’étais en classe de Première au Lycée 2 de Daloa, l’ancien collège catholique de la ville. Il était prêtre depuis seulement deux ans. Il avait passé ces deux premières années de sacerdoce à Sainte Thérèse de Marcory. Puis, il avait décidé de venir à Daloa pour seconder Mgr Pierre-Marie Coty qui venait d’être ordonné évêque de ce diocèse en janvier 1976.
Avec le nouvel évêque, ils étaient les deux seuls prêtres africains de Daloa, au milieu d’un clergé entièrement de prêtres expatriés, les prêtres français de la société des Missions Africaines (SMA). Certes, ces prêtres avaient fait du bon travail, sous la direction de Mgr Pierre Rouanet. Mais leur cible était principalement les populations allogènes, Burkinabès et baoulé notamment. Les Bétés mêmes, du moins ceux de Daloa, avaient à tort ou à raison la réputation étrangère d’être moins perméables à l’évangile. Et c’était cette orientation que Mgr Coty et l’Abbé Guillaume allaient inverser, en mettant en place une pastorale résolument tournée vers les populations autochtones. Je peux dire qu’ils sont ceux qui ont vraiment réveillé les Bétés de Daloa au Christianisme.
Dans ce cadre, je fais partie des jeunes qui suivaient l’Abbé Guillaume dans les villages, à bord de sa Renault 4, pour porter la bonne nouvelle. Je l’ai vu vraiment entrer dans les villages bétés, là où ses prédécesseurs ne restaient qu’à la lisière, faire connaissance avec les gens, vivre avec eux et comme eux. Je l’ai vu, comme l’a écrit Paul dans 1 Corinthiens, « se faire Bété avec les Bétés pour en gagner le plus grand nombre au Christ ».
En quoi consistait la pastorale proprement dite dans ce milieu ? L’abbé Guillaume veillait essentiellement à ce que le catéchisme soit enseigné, pour faire de nouveaux chrétiens. Il s’appuyait, pour ce faire, sur un réseau de catéchistes qu’il avait mis en place et dont il assurait la formation.
Il était également attentif à l’éveil des vocations car il fallait garantir la relève et le prolongement de leur action. C’est surement du travail effectué dans ce cadre que viendront les premiers prêtres locaux. Mgr Marcellin Kouadio, l’évêque actuel de Daloa est sûrement le fruit du travail de Mgr Coty et l’Abbé Guillaume. Originaire de Vavoua, il était petit séminariste en ce temps-là au séminaire de Gagnoa. Je l’ai vu participer, à Daloa, à des camps de vacances animés par l’Abbé Guillaume Agnimel.
Je voudrais également mentionner, après le Catéchisme et l’éveil des vocations, le travail qu’à fait l’Abbé Guillaume pour la chorale de Daloa.
C’est sous son impulsion qu’a été créée la première chorale locale. Il n’y avait pas de chorale au sens propre du mot. Le répertoire de nos parents se limitait « à je m’avancerai jusqu’à l’autel de Dieu » qui réjouit ma jeunesse, ou bien « Allez vers le Seigneur avec des chants de joie ». On ne connaissait rien de plus et donc on n’allait pas plus loin. L’Abbé Guillaume avait voulu que, sur ce plan, les choses changent et surtout qu’elles s’améliorent. Et donc nous avons monté ensemble une vraie chorale. Ceux qui le connaissent savent que lui-même n’était pas musicien. Il ne faisait donc pas les classes de chant. Mais, il était là. Et il veillait à ce que les choses se passent bien et aillent jusqu’au bout.
(Source : livret 50 ans de sacerdoce)